Accident au travail : les bons réflexes à avoir
Un salarié se blesse : que faire ? Secours, déclaration sous 48 heures, réserves, accident grave, analyse et mise à jour du DUERP. Le guide des bons réflexes pour TPE/PME.
Dans cet article9 parties
En bref. Quand un salarié se blesse, la priorité absolue, ce sont les secours : protéger, alerter (15, 18 ou 112), secourir. Ensuite, vous déclarez l'accident à l'Assurance Maladie dans les 48 heures (hors dimanches et jours fériés), et vous pouvez émettre des réserves motivées dans les 10 jours francs. En cas d'accident mortel, vous informez l'inspection du travail dans les 12 heures. Et une fois la situation sous contrôle, vous analysez ce qui s'est passé et vous mettez à jour votre DUERP, pour que ça ne se reproduise pas.
Personne n'a envie de lire un article sur les accidents du travail. Et pourtant, le jour où ça arrive, vous n'aurez pas le temps de chercher quoi faire. Un salarié qui crie en cuisine, un autre allongé par terre au pied d'un escabeau, une projection de produit dans les yeux : dans ces moments-là, on panique, et on perd des minutes précieuses.
Ce qui fait la différence, c'est de s'y être préparé avant. C'est l'objet de cet article : ce qu'il faut faire pendant, juste après, et dans les jours qui suivent. Et surtout, comment vous y préparer dès aujourd'hui.
Pendant l'accident : protéger, alerter, secourir
Face à un accident, trois réflexes, dans cet ordre : protéger, alerter, secourir. C'est la base enseignée dans toutes les formations de secourisme (INRS).
- Protéger. Avant de vous précipiter, évitez un deuxième accident : coupez la machine, le courant ou le gaz, écartez le danger, balisez la zone. Un sauveteur blessé, c'est deux victimes au lieu d'une.
- Alerter. Appelez ou faites appeler les secours, et prévenez votre secouriste s'il y en a un.
- 15 : SAMU, pour une urgence médicale ;
- 18 : pompiers, pour un accident, un incendie, une victime à dégager ;
- 112 : numéro d'urgence européen, valable partout ;
- 114 : par SMS, pour les personnes sourdes ou malentendantes. Donnez l'adresse exacte, ce qui s'est passé, le nombre de victimes et leur état. Ne raccrochez pas le premier, et envoyez quelqu'un accueillir les secours à l'entrée.
- Secourir. Faites les gestes que vous connaissez, sans vous mettre en danger, jusqu'à l'arrivée des secours. C'est là qu'un salarié formé au secourisme fait toute la différence.
Pour une projection de produit chimique, le réflexe est le rinçage abondant à l'eau. Les consignes précises sont dans la fiche de données de sécurité du produit, rubrique « premiers secours » : raison de plus pour savoir où elle est (voir notre article sur les produits chimiques).
Juste après : déclarer l'accident
Tout accident du travail doit être déclaré par l'employeur à la caisse d'Assurance Maladie du salarié dans les 48 heures, sans compter les dimanches et jours fériés (Éditions Tissot). Même si l'accident paraît bénin, même si le salarié dit que « ce n'est rien ».
Concrètement :
- Comment déclarer ? En ligne sur net-entreprises.fr, ou par courrier recommandé avec le formulaire Cerfa n° 14463. Votre expert-comptable peut aussi le faire pour vous.
- Remettez à votre salarié la feuille d'accident du travail, qui lui permet de se faire soigner sans avancer les frais.
- Si le salarié est arrêté, transmettez aussi l'attestation de salaire à la caisse, pour le calcul de ses indemnités.
- Vous avez un doute sur le caractère professionnel de l'accident ? Vous pouvez émettre des réserves motivées, au moment de la déclaration ou dans les 10 jours francs qui suivent. « Motivées », ça veut dire avec des faits précis, pas un simple « je conteste ».
Un accident qui n'est pas déclaré, c'est un risque pour vous : le salarié peut le déclarer lui-même, et l'absence de déclaration par l'employeur peut être sanctionnée.
Certaines entreprises peuvent, sous des conditions strictes, inscrire les accidents bénins (sans arrêt ni soins médicaux) dans un registre plutôt que de les déclarer. Ces conditions sont très encadrées : renseignez-vous auprès de votre Carsat avant d'y recourir.
En cas d'accident grave ou mortel
En cas d'accident mortel, vous devez informer l'inspection du travail dans les 12 heures qui suivent le décès. Cette obligation existe depuis juin 2023 (article R. 4121-5 du Code du travail, LégiSocial).
Dans ces situations, n'hésitez pas à vous faire accompagner : votre service de prévention et de santé au travail, votre organisation professionnelle, un avocat. Et pensez aussi au reste de l'équipe : être témoin d'un accident grave peut être très choquant. Votre service de santé au travail peut proposer un soutien.
Les jours suivants : comprendre pour que ça ne se reproduise pas
Une fois l'urgence passée, prenez le temps de comprendre pourquoi l'accident est arrivé. Pas pour trouver un coupable, mais pour trouver les causes et agir dessus.
Réunissez la victime (dès qu'elle le peut), les témoins et les collègues du poste. Posez-vous les bonnes questions : qu'est-ce qui était différent ce jour-là ? Le matériel ? L'organisation ? La pression ? Un nouveau salarié, un remplaçant ? Il y a presque toujours plusieurs causes qui se combinent. L'INRS et l'Assurance Maladie proposent un outil en ligne gratuit pour les entreprises de moins de 50 salariés, Agir suite à un accident du travail, qui vous guide pas à pas. On vous donne aussi des conseils pour mener cette analyse avec l'équipe dans Associer ses salariés à la démarche de prévention.
Ensuite, deux choses à faire :
- Mettre à jour votre DUERP. Un accident, c'est une information nouvelle sur un risque, et c'est l'un des cas où la mise à jour s'impose (article R. 4121-2). Peut-être que le risque était sous-coté, ou pas identifié du tout. On vous explique comment recoter dans Évaluer et coter ses risques.
- Ajouter des actions à votre plan, avec un responsable et une échéance (voir notre article sur le plan d'actions).
Et quand votre salarié revient, préparez son retour : son poste a-t-il changé ? A-t-il des restrictions ? Après un arrêt long, une visite de reprise auprès du médecin du travail est prévue. Votre service de santé au travail vous dira quand elle est obligatoire.
Les bons réflexes en un coup d'œil
Voici ce qu'il faut faire, et quand :
| Quand | Quoi faire |
|---|---|
| Tout de suite | Protéger, alerter (15, 18, 112, 114 par SMS), secourir |
| Dans les 12 heures (accident mortel) | Informer l'inspection du travail |
| Dans les 48 heures (hors dimanches et jours fériés) | Déclarer l'accident à l'Assurance Maladie, remettre la feuille d'accident au salarié |
| Dans les 10 jours francs (si besoin) | Émettre des réserves motivées |
| Dans les jours qui suivent | Analyser l'accident avec l'équipe |
| Dès que possible | Mettre à jour le DUERP et le plan d'actions |
| Au retour du salarié | Préparer la reprise, visite de reprise si nécessaire |
Comment se préparer dès aujourd'hui ?
Pour être prêt le jour où ça arrive, préparez cinq choses dès maintenant. Elles ne prennent pas plus d'une heure à mettre en place :
- Afficher les numéros d'urgence et l'adresse exacte de vos locaux, à côté du téléphone et sur le panneau d'affichage (voir notre article sur l'affichage).
- Avoir une trousse de secours complète, signalée, et vérifier régulièrement son contenu. Votre service de santé au travail peut vous dire ce qu'elle doit contenir pour votre activité.
- Former au moins un salarié au secourisme. C'est obligatoire dans les ateliers où sont faits des travaux dangereux, et vivement recommandé partout ailleurs (voir notre article sur les formations).
- Rédiger des fiches réflexes pour les accidents les plus probables chez vous : brûlure, coupure, chute, projection de produit, malaise. Une page, des gestes simples, affichée au bon endroit.
- En parler à l'équipe. Un point sécurité de 10 minutes sur « que fait-on si quelqu'un se blesse ? » vaut toutes les procédures écrites. Et entraînez-vous : qui appelle, qui accueille les secours, qui reste avec la victime.
À retenir
- Pendant l'accident : protéger, alerter (15, 18, 112, ou 114 par SMS), secourir, dans cet ordre.
- Déclarez tout accident du travail à l'Assurance Maladie dans les 48 heures (hors dimanches et jours fériés), même s'il paraît bénin. Des réserves motivées sont possibles dans les 10 jours francs.
- En cas d'accident mortel, informez l'inspection du travail dans les 12 heures.
- Ensuite, analysez les causes avec l'équipe, sans chercher de coupable, puis mettez à jour votre DUERP et votre plan d'actions.
- Préparez-vous dès aujourd'hui : numéros d'urgence affichés, trousse de secours, au moins un salarié formé au secourisme, fiches réflexes, et un point avec l'équipe.
Et avec MaPrev ?
Avec MaPrev, vous vous préparez avant l'accident, pas après. Votre évaluation des risques fait ressortir les accidents les plus probables dans votre métier, et votre plan d'actions vous aide à les éviter.
Et dans votre kit prévention, vous retrouvez des fiches réflexes en cas d'accident pour entraîner vos équipes, adaptées aux risques de votre activité, avec la signalétique de secours prête à imprimer et les fiches de formation pour garder la trace de vos entraînements. Les risques et les mesures viennent d'un référentiel construit à partir de sources, pour la plupart officielles, sans IA générative, et chaque questionnaire métier a été testé par des professionnels de l'activité concernée : les situations d'accident prévues sont celles qu'ils rencontrent vraiment.
Le tout pour 199 € HT, avec votre DUERP et votre plan d'actions. Vous pouvez commencer gratuitement : vous ne payez que si le résultat vous convient.
FAQ : accident du travail
Un accident sans arrêt de travail doit-il être déclaré ?
Oui. Tout accident du travail doit être déclaré dans les 48 heures, avec ou sans arrêt. La seule exception concerne les entreprises qui remplissent les conditions strictes pour tenir un registre des accidents bénins.
Un accident sur le trajet domicile-travail, ça compte ?
Oui, c'est un accident de trajet. Il se déclare de la même façon, avec le même formulaire et dans le même délai.
Que faire si je pense que l'accident n'est pas lié au travail ?
Vous déclarez quand même dans les 48 heures, et vous pouvez émettre des réserves motivées, au moment de la déclaration ou dans les 10 jours francs. C'est ensuite la caisse d'Assurance Maladie qui décide.
Mon salarié ne veut pas que je déclare l'accident, que faire ?
Vous devez le déclarer quand même. C'est une obligation de l'employeur, et c'est aussi dans l'intérêt du salarié : si des complications apparaissent plus tard, il sera couvert.
Un accident doit-il entraîner une mise à jour du DUERP ?
Oui. Un accident vous apporte une information nouvelle sur un risque, et c'est l'un des cas où le Code du travail prévoit la mise à jour du document unique.
Préparez-vous avant que ça arrive :
Commencer gratuitement mon DUERPDans la même série
PilierLes documents de prévention d'une TPE/PME : le socle à connaître9 min de lecture
ArticleEPI : dotation, suivi et registre8 min de lecture
ArticleProduits chimiques : inventaire et fiches de données de sécurité8 min de lecture
ArticleFormations sécurité : lesquelles, et comment en garder la trace8 min de lectureDans les autres rubriques
Sources
- INRS, Organisation des secours en cas d'accident ou de malaise
- Éditions Tissot, Déclaration d'accident du travail : ajout de réserves dans les 10 jours francs
- LégiSocial, Accident du travail mortel : l'employeur doit informer l'inspection du travail (article R. 4121-5, décret du 9 juin 2023)
- Code du travail, article R. 4121-2 (mise à jour du DUERP), Légifrance
- INRS et Assurance Maladie, Agir suite à un accident du travail
Suivez MaPrev sur LinkedIn (nouvel onglet).




