Comment réaliser son DUERP : la méthode étape par étape
Comment faire son document unique ? Préparer, découper en unités de travail, identifier, coter, agir, formaliser : la méthode pas à pas pour les TPE/PME.
Dans cet article10 parties
- Étape 1 : préparer la démarche
- Étape 2 : découper l'entreprise en unités de travail
- Étape 3 : identifier les risques de chaque unité de travail
- Étape 4 : évaluer et coter chaque risque
- Étape 5 : définir les actions de prévention
- Étape 6 : formaliser, communiquer et mettre à jour
- Seul, accompagné ou avec un outil : quelle option choisir ?
- À retenir
- Et avec MaPrev, comment ça se passe ?
- FAQ
En bref. Réaliser son DUERP se fait en 6 étapes : préparer la démarche, découper l'entreprise en unités de travail, identifier les risques de chacune, les coter, définir les actions de prévention, puis formaliser, communiquer et tenir le document à jour. Il n'existe pas de modèle imposé : papier, tableur ou outil en ligne, c'est vous qui choisissez. Ce qui compte, c'est que le document ressemble vraiment à votre entreprise.
« OK, je suis convaincu, il me faut un DUERP. Mais concrètement, je fais comment ? » Si vous en êtes là, vous êtes au bon endroit.
Et je vais commencer par vous rassurer : faire son DUERP, ce n'est pas réservé aux experts. C'est une démarche logique, qui part d'une question toute simple : qu'est-ce qui peut blesser ou rendre malades les personnes qui travaillent pour moi, et qu'est-ce que je fais pour l'éviter ? Le reste, c'est de la méthode. Et la méthode, on vous la donne ici, étape par étape.
Si vous n'avez pas encore lu notre guide complet du DUERP, je vous conseille d'y faire un tour avant : il explique ce qu'est le document et ce qu'il doit contenir. Ici, on passe à la pratique.
Étape 1 : préparer la démarche
Préparer, c'est décider qui pilote, qui participe et rassembler les informations utiles avant de commencer. Ça paraît bête, mais c'est l'étape que tout le monde saute, et c'est celle qui fait gagner le plus de temps ensuite.
- Qui pilote ? Le DUERP est de votre responsabilité de dirigeant. Vous pouvez vous faire aider, mais c'est vous qui le portez.
- Qui participe ? Vos salariés, au moins un par type de poste. Ce sont eux qui connaissent le travail réel. Le CSE s'il existe. On vous donne des idées pour les impliquer sans y passer des heures dans Associer ses salariés à la démarche de prévention.
- Quelles infos rassembler ? Les accidents du travail et les arrêts des dernières années, les fiches de données de sécurité de vos produits chimiques (on vous explique comment les inventorier dans notre article dédié), les rapports de vérification de vos équipements, et la fiche d'entreprise rédigée par votre service de prévention et de santé au travail si vous l'avez.
Et un conseil : appelez votre service de prévention et de santé au travail (SPST). L'aide à l'évaluation des risques fait partie des services qu'il doit vous proposer, et vous la payez déjà avec votre cotisation. On vous explique tout dans Médecine du travail : à quoi sert le SPST ?.
Étape 2 : découper l'entreprise en unités de travail
Une unité de travail, c'est un poste, un métier ou un espace où les salariés sont exposés aux mêmes risques. Le Code du travail vous demande d'inventorier les risques unité de travail par unité de travail (article R. 4121-1).
Quelques exemples pour que ce soit plus parlant :
- Un restaurant : la cuisine, la salle, la plonge, le bar, les livraisons.
- Un garage : l'atelier mécanique, la carrosserie et la peinture, l'accueil, le magasin de pièces.
- Une petite agence : les bureaux, l'accueil, les déplacements chez les clients.
N'oubliez pas les activités qui ne se voient pas sur un plan : les trajets en voiture, le travail chez les clients, le ménage en fin de journée, le télétravail. Ce sont souvent les grandes oubliées.
Étape 3 : identifier les risques de chaque unité de travail
Identifier les risques, c'est observer le travail tel qu'il se fait vraiment et noter toutes les situations où quelqu'un peut se blesser ou tomber malade. Pour chaque unité de travail, posez-vous trois questions :
- Qu'est-ce qui peut faire mal ici ? (une machine, un produit, une charge, un sol, un rythme…)
- Qui est exposé, à quel moment et combien de temps ?
- Qu'est-ce qui est déjà en place pour éviter le problème ?
Allez voir sur place, à différents moments de la journée. Le coup de feu de midi ne ressemble pas au calme de 15 h. Et surtout, demandez à vos salariés : « Qu'est-ce qui te fatigue ? Qu'est-ce qui t'a déjà fait peur ? » Vous serez surpris des réponses.
Pour ne rien oublier, appuyez-vous sur les grandes familles de risques : chutes, manutention et postures, machines et outils, produits chimiques, bruit, électricité, incendie, circulation et déplacements, travail sur écran, risques psychosociaux, chaleur et froid. La brochure ED 840 de l'INRS en propose une liste très complète. Et si les mots danger, risque et exposition vous semblent flous, cet article les remet au clair.
Étape 4 : évaluer et coter chaque risque
Évaluer un risque, c'est lui donner une note pour savoir lequel traiter en premier. La méthode la plus simple : une note de gravité de 1 à 4, une note de probabilité de 1 à 4, et vous multipliez. Vous obtenez une criticité sur 16.
C'est l'étape qui fait le plus peur, alors qu'elle est plutôt logique une fois qu'on a les bonnes échelles. On a écrit un article entier dessus, avec les grilles et un exemple complet : Évaluer et coter ses risques : la méthode gravité × probabilité.
Étape 5 : définir les actions de prévention
Pour chaque risque, et en commençant par les plus critiques, vous décidez ce que vous faites pour le supprimer ou le réduire, qui s'en occupe et pour quand. C'est votre plan d'actions, et il est obligatoire : en dessous de 50 salariés, sous forme de liste consignée dans le DUERP ; à partir de 50, sous forme de programme annuel de prévention.
Le bon réflexe : d'abord essayer de supprimer le risque, ensuite protéger tout le monde, et seulement en dernier recours protéger chaque personne avec un équipement individuel. On vous explique cet ordre et comment construire votre plan dans Du DUERP au plan d'actions de prévention.
Étape 6 : formaliser, communiquer et mettre à jour
La dernière étape, c'est mettre tout ça par écrit, le rendre accessible et le faire vivre. Concrètement :
- Formalisez. Pas de modèle imposé, mais votre document doit contenir l'inventaire des risques par unité de travail, leur évaluation, la méthode de cotation utilisée, et vos actions de prévention.
- Rendez-le accessible. Vos salariés, le CSE, votre SPST, l'inspection du travail et la Carsat doivent pouvoir le consulter, et vous affichez dans vos locaux comment y accéder. On fait le tour des affichages dans Signalétique et affichage obligatoire.
- Transmettez-le à votre SPST à chaque mise à jour.
- Conservez toutes les versions pendant 40 ans.
- Mettez-le à jour : au moins une fois par an à partir de 11 salariés, et dans tous les cas à chaque changement important (nouvel équipement, nouveaux locaux, nouveau poste, accident…). Tout le détail selon votre taille est dans DUERP obligatoire : quelles entreprises sont concernées ?.
Et surtout, présentez-le à vos salariés. Un DUERP que personne n'a lu, c'est une occasion ratée de faire de la prévention.
Seul, accompagné ou avec un outil : quelle option choisir ?
Il existe trois grandes façons de réaliser son DUERP : le faire soi-même, se faire accompagner par un cabinet, ou utiliser un outil en ligne qui vous guide. Chacune a ses avantages, ses limites et son prix. On a creusé chaque piste dans un article dédié :
- Vous voulez dépenser le moins possible ? On a recensé les solutions sérieuses et gratuites, comme les outils OiRA de l'INRS, dans Faire son DUERP gratuitement : quelles solutions existent ?
- Vous pensez demander à ChatGPT ? Lisez d'abord Faire son DUERP avec l'IA : ce qu'il faut savoir avant de se lancer. Ça peut vous éviter quelques mauvaises surprises.
- Vous hésitez entre tout faire vous-même, un cabinet et un outil en ligne ? On compare les trois, avec les bonnes questions à poser avant de choisir, dans DUERP : le faire soi-même, passer par un cabinet ou utiliser un outil en ligne ?
À retenir
- Réaliser son DUERP se fait en 6 étapes : préparer, découper en unités de travail, identifier les risques, les coter, définir les actions, puis formaliser et mettre à jour.
- Le DUERP reste votre responsabilité de dirigeant, mais vos salariés doivent y participer : ce sont eux qui connaissent le travail réel.
- Inventoriez les risques unité de travail par unité de travail, sans oublier les trajets, le travail chez les clients ou le ménage.
- Aucun modèle n'est imposé : papier, tableur ou outil en ligne, ce qui compte, c'est que le document ressemble à votre entreprise.
- Une fois fait, rendez-le accessible, transmettez-le à votre SPST, conservez toutes les versions 40 ans et mettez-le à jour (au moins une fois par an à partir de 11 salariés).
Et avec MaPrev, comment ça se passe ?
MaPrev vous guide sur les étapes 3 à 6, celles qui prennent le plus de temps quand on part de zéro. Les étapes 1 et 2, elles, restent les vôtres : parlez à vos salariés et faites le tour de vos postes avant de commencer, votre DUERP n'en sera que meilleur.
- Identifier les risques (étape 3) : le parcours passe en revue les risques de votre métier, issus d'un référentiel construit à partir de sources, pour la plupart officielles. Vous n'avez pas à partir d'une page blanche, ni à vous demander ce que vous avez oublié.
- Coter les risques (étape 4) : vous répondez par oui, partiellement ou non, et MaPrev calcule une première estimation de la cotation. Vous la modifiez si elle ne correspond pas à votre réalité.
- Définir les actions (étape 5) : pour chaque risque, on vous propose des mesures de prévention. Vous choisissez celles que vous voulez mettre en place, et quand.
- Formaliser (étape 6) : vous repartez avec votre DUERP et votre plan d'actions mis en forme, et avec un kit prévention complet : signalétique prête à imprimer, fiches de dotation des EPI, fiches de formation, livret d'accueil sécurité, fiches réflexes en cas d'accident.
Chaque questionnaire métier a été testé par des professionnels de l'activité concernée, pour vérifier deux choses : que les risques identifiés correspondent à ce qu'ils vivent sur le terrain, et que les mesures proposées sont réalistes dans leur quotidien. Pas d'IA générative : c'est vous qui répondez, c'est vous qui décidez, et le résultat ressemble à votre entreprise. Le tout pour 199 € HT, et vous ne payez que si le résultat vous convient. Pour tenir votre DUERP à jour dans le temps, le Kit Sérénité (199 € HT, puis 19,99 € HT par mois à partir du deuxième mois) prend le relais.
FAQ : réaliser son DUERP
Combien de temps faut-il pour faire son DUERP ?
Ça dépend de la taille de votre entreprise et de la méthode. Pour une TPE avec un ou deux types de postes, comptez de quelques heures avec un outil guidé à plusieurs jours en partant de zéro. Le plus long, ce n'est pas d'écrire, c'est d'observer et d'échanger avec vos salariés, et c'est aussi le plus utile.
Existe-t-il un modèle officiel de DUERP ?
Non, aucun modèle n'est imposé par le Code du travail. Papier, tableur, logiciel : le format est libre. Le contenu, lui, est encadré, on le détaille dans notre guide complet du DUERP.
Faut-il un expert pour faire son DUERP ?
Non. Le DUERP est de la responsabilité du dirigeant, et la plupart des TPE peuvent le réaliser elles-mêmes avec une bonne méthode et les bons outils. Pour des risques très techniques (produits cancérogènes, atmosphères explosives, amiante…), faites-vous accompagner par un spécialiste.
Dois-je associer mes salariés ?
C'est fortement recommandé, et c'est même ce qui fait la qualité de votre DUERP. Ils connaissent les situations de travail mieux que personne. Et des salariés qui ont participé appliquent beaucoup plus facilement les mesures qui en sortent.
On vous accompagne sur les 6 étapes, et vous ne payez que si le résultat vous convient.
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Sources
- Code du travail, article R. 4121-1 (inventaire par unité de travail), article R. 4121-2 (mise à jour), article L. 4121-3-1 (actions de prévention, transmission au SPST, conservation), Légifrance
- INRS, Évaluation des risques professionnels, aide au repérage des risques dans les PME-PMI (ED 840)
- INRS, Dossier Évaluation des risques professionnels
- Éditions Tissot, À quoi sert le document unique d'évaluation des risques professionnels ? (aide du SPST incluse dans l'offre socle)
- Service Public Entreprendre, Qu'est-ce que le document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP) ?
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